La santé et le stress des artisan du bâtiment

La Santé et le Stress des Artisans du Bâtiment

A 80 %, les artisans ayant participé à l’enquête en ligne proposée par Iris-ST* se déclarent en bonne santé. Un chiffre rassurant, mais qu’il faut nuancer au regard des réponses apportées aux 49 autres questions de l’enquête …

Un sujet de discussion

Le nombre de répondants (3 100) témoigne de ce que les artisans sont désormais prêts à parler de leur santé et de leurs conditions de travail, ce qui n’aurait sans doute pas été le cas il y a une dizaine d’années.

Et si 4 artisans sur 5 se déclarent en bonne santé, 3 sur 4 ne sont pas suivis régulièrement vis-à-vis de leur activité professionnelle, puisqu’il n’existe pas d’équivalent de la médecine du travail pour les chefs d’entreprise.


En matière de sécurité au travail, 98 % déclarent s’impliquer pour leurs salariés, mais seulement 62 % se disent attentifs pour ce qui les concerne. Trois quarts des entreprises déclarent avoir investi ces dernières années en matière de sécurité.

La santé et le stress des artisan du bâtiment

Stress, fatigue, burn-out, suicide

Mais le point le plus saillant de l’enquête porte sur la santé mentale de ces entrepreneurs.
Alors que l’artisanat reste associé dans l’imaginaire collectif à des métiers manuels, 95 % des répondants déclarent ressentir que leur activité est mentalement exigeante, et donc source de stress.

59 % des chefs d’entreprise se déclarent fatigués et 57 % stressés.

Dans les facteurs de stress les plus cités, les 3 principaux sont :

  • Le rythme de travail (au-delà de 50 heures hebdomadaires pour 58 % des personnes ayant répondu),
  • les délais à respecter,
  • l’isolement
  • Ou encore le déséquilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Mais pour Françoise Despret, présidente de la Chambre nationale de l’artisanat des travaux publics et du paysage (CNATP) comme pour Patrick Liébus, président de la CAPEB, (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) pas de doute : c’est la crise qui génère un inquiétant surcroît de stress.

L’augmentation ressentie par les responsables de l’artisanat du nombre de burn-out (épuisement professionnel) et de suicides reste à mesurer, mais les responsables de l’artisanat s’alarment.

Réponses

C’est pourquoi la CAPEB et la CNAPT vont dès à présent sensibiliser les chefs d’entreprise au risque de burn out, particulièrement marqué en cette période où tout va mal pour le BTP.

Dès les Journées professionnelles de la construction qui démarrent jeudi à Clermont-Ferrand, un discours de prévention sera tenu. Parmi les objectifs de ces deux organisations pour 2014 et 2015, nous en retiendrons les 3 principaux : 

  • le développement d’un outil de suivi statistique sur la population des chefs d’entreprise,
  • la mise en place d’une visite médicale plus fréquente
  • et l’élaboration d’un dispositif d’aide à la détection des signes de stress.

En attendant une conjoncture économique plus favorable, vécue par tous comme le seul vaccin contre cette épidémie d’un nouveau genre.
* Institut de recherche et d’innovation sur la santé et la sécurité au travail

 

Poursuivez votre lecture avec notre article sur les outils pour gérer sa fatigue quand on est artisans

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